Lors de votre prochain périple sur la Côte-Nord arrêtez-vous quelques minutes pour visiter ce monument localisé à l’entrée de la municipalité de Godbout.

En 1927, la Société Provancher inaugura un monument à la mémoire d’un naturaliste et chasseur, Napoléon-Alexandre Comeau. La plaque commémorative, exécutée par Jean Bailleul, alors directeur de l’École des beaux-arts de Paris, et qui rend hommage à cet être exceptionnel, comporte l’épigramme suivant : « Humble enfant du Nord, il sut avec autorité lire dans le grand livre de la nature tout en servant les siens et son pays ».

Monument Napoléon-Alexandre Comeau, 1927
Monument Napoléon Comeau 1927

Le monument Napoélon-Alexandre Comeau est situé à l’entrée de la municipalité de Godbout. Une visite s’impose!

Le Guillaume Tell du Nord, voilà comment la ferveur populaire a élevé Napoléon Alexandre Comeau à un rang comparable au Guillaume Tell de la légende. C’est surtout comme tireur d’élite que les habitants de la Côte-nord du Québec évoquent sa mémoire. Partout on vous dira qu’à forte distance il pouvait à votre choix abattre tel ou tel oiseau parmi quantité d’autres. C’est aux Îlets-à-Jérémie, non loin de Betsiamite, que le 11 juin 1846 naissait Napoléon Comeau. Il y demeura sept ans. Son père étant employé de la compagnie de la Baie d’Hudson, il put y mener une vie d’enfant des bois. À onze ans, son père décide de l’envoyer à Trois-Rivières pour y fréquenter une école anglaise. A sa sortie, il savait lire, écrire et parler assez convenablement l’anglais. Comme récompense de ses succès, on lui donna quelques volumes qu’il conserva précieusement toute sa vie. Il relut ces ouvrages à satiété et il puisa avidement dans la collection de son père, riche en récits de voyage, traités d’histoire naturelle et ouvrages de médecine. Ces bouquins, on le constate à l’orientation de sa vie, le marquèrent profondément. Mais, par-dessus tout, la nature fut pour lui le grand livre dont il s’appliqua à scruter chaque page dans le moindre détail.

Sa vie d’homme commence, de façon précoce, en 1860 : il a quatorze ans à peine quand son père consent à ce qu’il occupe le poste de « gardien de la rivière Godbout », une sorte de garde-pêche. C’est ainsi que Comeau entre en contact avec des naturalistes à compter de 1872 et qu’il publie des articles remarqués dans la revue new-yorkaise « Forest and Stream ». En outre, à des musées canadiens et américains qu’il visitait occasionnellement, il fournit d’intéressants spécimens de notre faune et de notre flore. Ses connaissances en histoire naturelle s’avérèrent surprenantes, comme en témoigne d’ailleurs son livre « La Vie et le Sport sur la Côte- nord ». Ses chapitres sur la chasse et la pêche sont oeuvre d’expert.
Napoléon Comeau mourut en 1923, à Godbout, village qu’il avait rendu célèbre en lui consacrant soixante années de sa vie.

Napoleon-Alexandre Comeau