L’île Dumais est une des nombreuses îles de l’estuaire du Saint-Laurent, dans la région de Kamouraska. En incluant l’îlot aux Phoques situé à proximité, elle couvre à peine 7,15 ha. C’est une île que la Société Provancher protège et dont la visite est limitée aux travaux d’inventaire et de recherche.

L’île Dumais est située dans la municipalité de Saint Germain (Kamouraska), à moins de 0,69 km au large des aboiteaux protégeant les terres agricoles de Saint-Germain et à 0,74 km en aval de l’ile de la Ferme.

L’île Dumais et l’îlot aux Phoques ont été cédés à la Société Provancher le 3 juillet 1997 par l’organisme Forum Environnement.

L’île Dumais a une forme bombée et est presqu’entièrement couverte d’une forêt, si ce n’est de quelques affleurements rocheux. Sa superficie est de 6,68 ha. À marée basse, il est possible de l’atteindre à pied puisque l’estran entre la terre ferme et l’île se découvre complètement. Le côté nord de l’île est escarpé. On observe à plusieurs endroits des fissures profondes dans le roc qui rendent tous déplacements risqués et hasardeux à l’intérieur de l’île. Malgré tout, une forêt a réussi à s’installer dans ce milieu austère et soumis aux vents dominants. D’ailleurs, la cime de la plupart des arbres, tant chez les conifères que les feuillus, nous indique la force et l’orientation des vents (nord, nord-ouest). À maints endroits, plusieurs blocs imposants de pierre forment la berge du côté nord-ouest avec de grandes fissures permettant à l’eau des hautes marées de pénétrer assez loin à l’intérieur. Dans sa partie nord-est, la formation rocheuse diffère totalement avec d’immenses blocs congloméraux ; ces roches sédimentaires renferment une quantité impressionnante de coquillages et de cailloux incrustés à même les sédiments.

La partie sud-est de l’île apparaît moins austère avec une végétation beaucoup plus diversifiée. La berge a une pente faible et est recouverte de sable fin dans la partie soumise aux marées. Dans la partie la plus haute de l’estran, deux petites prairies, envahies par l’élyme de mer, donnent un aspect hospitalier au milieu. Adjacent à ces prairies, un replat boisé d’une largeur d’une dizaine de mètres cache des falaises abruptes. La partie sud-ouest est moins abrupte et plus accessible. La berge y est sablonneuse dans la partie basse et plus rocailleuse dans le haut. Quelques enclaves de zones dénuées apparaissent dans la zone forestière. C’est l’endroit où l’accès au centre de l’île semble le plus facile. Dans les zones ouvertes, des lichens et des plantes basses telles que le genévrier horizontal, la camarine noire et l’airelle vigne-d’Ida sont observées. Les principales essences arborescentes sont le sapin baumier, l’épinette blanche, le pin gris, le pin rouge, le tuya occidental, l’aulne crispée, le bouleau à papier, le peuplier faux-tremble et le cerisier de Pennsylvanie.  Chez les mammifères, le porc-épic semble abondant si l’on se fie aux marques d’écorce rongée sur les arbres, notamment les pins. L’inventaire détaillé des plantes, des oiseaux et des mammifères reste à être complété.

L’îlot aux Phoque, d’une superficie d’à peine 0,47 ha, est situé entre l’île de la Ferme et l’île Dumais, à moins de 280 m de l’île Dumais. Il est complètement recouvert lors des grandes marées. Elle est occasionnellement visitée par les chasseurs d’oiseaux migrateurs l’automne. Une borne y indique la localisation d’une pêche à anguille.