La migration automnale à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher

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L’automne est une saison de grands changements. Sous nos latitudes, les arbres feuillus perdent leurs belles feuilles. Chez les oiseaux, ceux qui ont migré au printemps pour s’y reproduire s’en retournent accompagnés de leur progéniture. Mais, la plupart ont perdu leur belle coloration du printemps. Ce qui ne les rend pas moins attrayants pour autant. Plusieurs de ces oiseaux peuvent être observés à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher. Dans cet article, Frédérick Létourneau nous parle de la migration automnale des oiseaux sur ce territoire.


La migration automnale des oiseaux est en quelque sorte le voyage de retour de nos amis ailés. La plupart des espèces qui avaient hiverné dans l’hémisphère Sud étaient revenues au printemps pour se reproduire chez nous ou plus au nord, notamment en Arctique. Ainsi, à la fin de l’été et à l’automne, c’est déjà le temps de repartir vers des contrées plus accueillantes pour les prochains mois.

L’automne! Une période creuse! Vraiment ?

J’entends souvent des propos erronés au sujet de la période froide au Québec. On me dit que les espèces y sont moins nombreuses ou moins charismatiques. Cette dernière affirmation peut s’avérer inutilement péjorative ou tient d’opinions individuelles erronées, pour certaines espèces à tout le moins. Je vais vous en donner l’explication.

Tout d’abord, il est important de savoir que la plupart des espèces diurnes, celles qui ont la majorité de leur cycle de vie pendant le jour, ne chantent plus à l’automne. En effet, la saison des amours étant terminée, la survie l’emporte. Chanter est très important pour trouver une partenaire, du moins chez les passereaux non monogames. Or, ce comportement représente un risque pour la prédation.

Un comportement de compromis

Justement, disons quelques mots au sujet de la prédation et du fameux plumage nuptial des parulines mâles! Eh bien, lorsque vient le temps de la reproduction, ils arborent un plumage coloré, appelé plumage nuptial. L’avantage est qu’il est plus attrayant et plus visible pour les femelles. À l’inverse, la femelle présente un plumage plus terne. Elle doit demeurer sombre, pour se fondre dans le décor lorsqu’elle se trouve au nid. Ainsi, lorsque vient le temps de migrer à l’automne et que l’accouplement est longtemps derrière, le mâle n’obtient qu’une pénalité s’il conserve son plumage nuptial : un plus grand risque de se faire attraper par les prédateurs.

Il ne faut toutefois pas confondre avec les fantastiques oiseaux tropicaux de l’Amérique du Sud. Souvent, leur cycle de reproduction se trouve inversé par rapport à nos espèces du nord-est de l’Amérique du Nord. Eux, au contraire, ont intérêt à se distinguer de la masse, puisque ces milieux débordant de vie en sont saturés, et la compétition est forte.

Qu’en est-il des canards?

D’un autre côté, il ne faut pas oublier les anatidés ‒ les canards plongeurs et barbotteurs ‒ qui fréquentent nos milieux humides et riverains. Prenons l’exemple du garrot à œil d’or. Il vient nicher au printemps dans des arbres creux ou des souches, de préférence à l’intérieur des terres. À l’automne, il va rejoindre les rivages le long de l’océan Atlantique. Il fera alors sa mue. Contrairement aux passereaux, les canards changent l’ensemble de leur plumage dans un court laps de temps. Ce faisant, ils deviennent incapables de voler pendant quelques semaines, soit le temps d’avoir de nouvelles rémiges leur permettant de voler à nouveau! Il est donc plus sécuritaire de flotter au large, loin des prédateurs potentiels.

Un défi différent pour l’ornithologue amateur

Alors voilà, j’espère que vous avez appris quelque chose sur les différentes migrations. Un amateur d’oiseaux comme moi adore se promener en nature à l’automne afin de comparer les patrons de couleurs des mêmes espèces de parulines que j’ai observées au printemps ou même en voir des nouvelles. Le défi supplémentaire c’est de les trouver à l’aide des petits cris qu’elles émettent, et non avec leur chant nuptial. Alors, n’hésitez pas à partir, jumelles au cou, dans un coin de nature près de chez vous. En période de migration automnale, vous seriez surpris de ce que vous pourriez observer!

Frédérick Létourneau, stagiaire et photographe résident à la Société Provancher

Photo à la une : Frédérick Létourneau

La paruline à collier est une espèce migratrice facilement observable à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher. Même à l'automne, elle revêt de très belles couleurs permettant facilement de l'identifier,
Paruline à collier. Photo : Frédérick Létourneau.
La paruline à croupion jaune est l'espèce de parulines la plus commune autant en migration printanière qu'en migration automnale à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher.
Paruline à croupion jaune. Photo : Frédérick Létourneau.
Les parulines sont des passereaux très colorés. Mais, leur plumage plus terne à l'automne lors de la migration permet, chez la plupart, des bien identifier. La paruline à tête cendrée est une espèce que l'on peut observer en migration automnale à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher.
Paruline à tête cendrée. Photo : Frédérick Létourneau.
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