Le patrimoine ornithologique du comté de Portneuf

Un sujet qui nous fera planifier de belles randonnées

Le 23 octobre 2022, la Société Provancher recevait M. Marcel Darveau, au pavillon d’accueil de la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, dans le cadre d’une conférence intitulée « Le patrimoine ornithologique du comté de Portneuf ». Quarante personnes ont assisté avec intérêt à cette conférence.

Fier Neuvillois, Marcel Darveau est un grand amant de la nature. La Société Provancher profite de son expertise à titre de responsable scientifique depuis deux ans et comme membre de son conseil d’administration.

Après avoir brièvement décrit l’historique de ce territoire aux multiples paysages qu’est la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, notre conférencier a choisi de faire connaître à son auditoire le comté de Portneuf « à vol d’oiseau ». Il en a ainsi profité pour faire un clin d’œil à la Société Provancher qui a tenu un concours de maisonnettes d’oiseaux à Neuville en 1927. C’est donc dire qu’à l’époque, on se préoccupait déjà de l’importance des populations d’oiseaux champêtres dans la région.

Une grande variété d’habitats

Ce sont les divers habitats qui peuvent expliquer la présence de 290 espèces d’oiseaux dans la région de Portneuf, dont 180 sont nicheuses. Cela représente plus de 60 % du patrimoine ornithologique du Québec. Le fleuve Saint-Laurent et ses abords, les milieux humides, les plans d’eau, les zones agricoles, les friches, les talus de thuyas, et les zones habitées (18 municipalités répertoriées dans le comté) sont autant de sites où les oiseaux sont attirés.

Les forêts mélangées constituent l’habitat dominant du comté de Portneuf. Elles abritent une avifaune nicheuse particulièrement riche en raison de  leur structure complexe et de leur composition en feuillus et en conifères. La région se situe aussi le long de couloirs migratoires pour les oiseaux terrestres et aquatiques. Pour les ornithologues, cela constitue donc un « must ».

Sarcelles d'hiver à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher.
Sarcelles d'hiver à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher. Photo : Yvan Bédard.
Concours de maisonnettes d'oiseaux à Neuville en 1927
Concours de maisonnettes d’oiseaux en 1927 à Neuville. Rapport annuel 1927 de la Société Provancher.
Vue du marais à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher à l'automne. Photo : Nicole Bruneau.

En faisant participer le public, le conférencier nous a fait connaître des espèces représentatives de différents habitats. Voici quelques exemples :

  • En milieu ouvert : le merlebleu de l’Est, le bruant chanteur, la paruline masquée;
  • Dans les futaies : le moucherolle tchébec et le roitelet à couronne dorée;
  • Dans les vieilles forêts : la paruline couronnée, le grimpereau brun et le grand pic;
  • Sur les lacs : le canard noir, la sarcelle d’hiver, le harle couronné.

Il a été également question des espèces en péril telles que l’aigle royal, le martinet ramoneur et le petit blongios, lequel niche à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher.

Outre le territoire de la réserve, les sites que notre conférencier affectionne particulièrement pour faire de l’ornithologie sont les quais des municipalités riveraines du fleuve et la piste Dansereau longeant la rivière Jacques-Cartier à Pont-Rouge.

Trois défis de conservation

En terminant, notre conférencier a identifié trois défis de conservation pour préserver le patrimoine ornithologique du comté de Portneuf.

  1. Comme le territoire affiche un déficit d’aires protégées, soit moins de 6 % du territoire possédant un statut de protection, il a indiqué que ce pourcentage devrait être haussé à au moins 20 %, voire 30 %, pour respecter les normes nationales et internationales.
  2. Des aménagements devraient aussi être faits pour les oiseaux, laissant ceux-ci à l’abri des chats et dans des conditions où ils pourraient profiter d’arbres morts et de structures bien adaptées pour eux.
  3. Le public doit apprendre à observer les oiseaux sans les déranger. Cela fait partie de l’éthique de l’observateur. Trop souvent, des sites sont dégradés par un public venu trop souvent ou en trop grand nombre pour observer une espèce vedette n’ayant pas réussi à passer inaperçue.

La Société Provancher remercie sincèrement Marcel Darveau pour la qualité de sa conférence. Ce fut donc un vrai succès pour la première conférence organisée par la Société Provancher dans le nouveau pavillon d’accueil, dont l’achèvement récent est un rêve devenu réalité.

Élisabeth Bossert, responsable des activités éducatives, Société Provancher

Photo à la une: https://www.provancher.org/wp-content/uploads/2016/04/photo-d-fortin-et-bob-1-e1480258981405-1.jpg