Les gardiens de l’île aux Basques, d’hier à aujourd’hui – partie 6 : 2005 à 2019

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Chronique sur l’histoire des gardiens de l’île aux Basques

La Société Provancher profite de son centenaire pour souligner l’apport de certains de ses plus importants contributeurs. Parmi ceux-ci, les gardiens de l’île aux Basques méritent une attention particulière. Pour souligner leur contribution, au cours de l’année 2019, nous publions dans notre infolettre, sous forme de chronique, une série d’articles relatant les mémoires du gardien actuel, M. Jean-Pierre Rioux.

En plus des gardiens qu’il a côtoyés, M. Rioux nous décrira aussi les bateaux qu’ils ont eus pour faire la traversée à l’île. Toutefois, la mémoire étant ce qu’elle est, il insistera davantage sur le dernier demi-siècle.

Une vingt-neuvième année de service!

Par cette série d’articles, nous désirons aussi souligner l’importante contribution de M. Jean-Pierre Rioux qui entame, en 2019, sa vingt-neuvième année comme gardien de l’île aux Basques.

Merci beaucoup, capitaine Rioux!

Centenaire de la Société Provancher. Cent ans d'engagement pour la nature
Cent ans d'engagement pour la nature.
M. Jean-Pierre Rioux, capitaine et gardien de l'île aux Basques depuis 1991. Photo : Info-Dimanche.
M. Jean-Pierre Rioux, capitaine et gardien de l'île aux Basques depuis 1991. Photo : Info-Dimanche.

Les gardiens de l’île aux Basques, sixième partie, 2005-2019

Dans cette sixième et dernière chronique sur les gardiens de l’île aux Basques, notre gardien actuel,

M. Jean-Pierre Rioux, nous parle de l’acquisition du Léon Provancher, par la Société Provancher en 2005.


Un nouveau bateau pour la Société Provancher (deuxième partie)

À partir d’une liste d’inspecteurs que la Commission des Transports du Québec m’avait transmise, j’ai alors recommandé à M. Éric Yves Harvey — le représentant de la Société Provancher —, le nom de M. David Fortin de la compagnie Bleu Marine Service enr. M. Harvey prit donc contact avec celui-ci au cours du printemps 2005. En même temps, M. Harvey m’a demandé de mettre sur papier tous les éléments nécessaires qui serviraient de base à M. Fortin pour commencer son travail. À titre d’exemple, cela se traduisait par un bateau ne dépassant pas une capacité de 5 tonneaux, avec un faible tirant d’eau et pouvant accueillir au maximum 12 passagers. Le tout fut transmis à M. Harvey par courriel le 6 juin 2005. Et M. Fortin reçut le 9 juin 2005 un projet de soumission. Le contrat de services entre la Société Provancher et Bleu Marine Services fut signé le 9 août 2005. Il comprenait notamment la préparation d’un devis technique, le suivi pour le choix de l’entreprise à le construire, le suivi de la construction.

C’est le 24 octobre 2005 que les plans et devis ont été envoyés à des entreprises afin de soumissionner pour la construction du nouveau bateau. Dans le document de soumission, il était stipulé que le bateau — ainsi que la remorque — devrait être livré au quai de Trois-Pistoles au plus tard le 15 avril 2006. Dix constructeurs de bateaux avaient été retenus par Bleu Marine Services. Ils ont tous été invités à transmettre leur soumission.

Recherche d’un constructeur

La Société Provancher ne reçut que trois soumissions. C’est l’entreprise Cloutier Maritime inc. de Rimouski qui a présenté la plus basse soit 120 000 $ avant taxes. Et elle était acceptable. Les équipements supplémentaires n’étaient toutefois pas inclus dans ce prix. M. Harvey me confirma l’acceptation de cette soumission par courriel le 22 décembre 2005 en indiquant que le contrat avait été signé le 21 décembre. Les plans finaux devaient être complétés pour la fin janvier 2006. Par conséquent, l’entreprise Cloutier Maritime a reçu le mandat de nous livrer le bateau et la remorque dans un délai de 16 semaines. Ce qui fut fait le 10 novembre 2006 à Trois-Pistoles. Ce fut tout un beau travail d’équipe où chacun a livré ce qu’il avait à livrer, partant du conseil d’administration de la Société Provancher jusqu’au constructeur du bateau.

En terminant cette partie de l’histoire du nouveau bateau de la Société Provancher, voici une petite anecdote. La firme Cloutier Maritime était la propriété de deux frères. Ils avaient une expertise dans le domaine maritime et en soudure spécialisée. Toutefois, leur entreprise était jeune et ils voulaient se spécialiser dans la construction de petits bateaux, ce que les gros chantiers maritimes ne font pas. La Société Provancher était leur premier client et je crois que nous avons été les seuls! En effet, l’entreprise a fermé ses portes quelques mois après la fin du contrat qui les liait à la Société Provancher.

Visiteurs de l'île aux Basques à bord du Léon Provancher. Photo: Jean-Pierre Rioux
Visiteurs de l'île aux Basques à bord du Léon Provancher. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon Provancher au quai de Trois-Pistoles. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon Provancher au quai de Trois-Pistoles. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon Provancher au repos pour l'hiver. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon Provancher au repos pour l'hiver. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon-Provancher, Bateau de la Société Provancher. Photo: Jean-Pierre Rioux
Le Léon-Provancher, Bateau de la Société Provancher. Photo: Jean-Pierre Rioux
Recherche de partenaires

En parallèle à cette démarche de construction, le conseil d’administration de la Société Provancher — sous la présidence de M. Michel Lepage — a sollicité des organismes publics locaux et régionaux pour qu’ils appuient la Société dans sa recherche de financement. L’Association touristique du Bas-Saint-Laurent et le Centre local de Développement des Basques ont, entre autres, été approchés. Le 25 novembre 2005, M. Michel Lepage a adressé une demande d’aide financière à Mme Nathalie Normandeau, alors ministre des Affaires municipales et des Régions. La Ville de Trois-Pistoles y apporta son appui, par voie de résolution, le 12 décembre 2005 alors que la Municipalité régionale de Comté des Basques en avait fait autant le 13 octobre 2005.

Le choix du nom du nouveau bateau

Il fallait donner un nom à ce bateau. Et c’est ainsi qu’est né le Léon Provancher. Le Conseil d’administration de la Société Provancher le baptisa donc en l’honneur de son patron. Mais avant qu’il prenne la mer, le Léon Provancher a dû passer tous les tests exigés par Transports Canada.

Ceux-ci concernaient, entre autres, sa construction et sa performance en mer lors de forts vents du nord-est. Lors de ce test, tenu en novembre 2006 à Rimouski, les représentants de 4 organismes ont embarqué sur le Léon Provancher pour la tenue de ces tests. Il y avait là : 1) le représentant du constructeur, soit l’un des frères Cloutier — peut-être les deux ; 2) pour la Société Provancher, M. Éric Yves Harvey et moi-même; M. David Fortin pour Bleu Marine; et pour Transports Canada, M. Éric Desgagnés et un autre inspecteur dont j’oublie le nom.

Caractéristiques du Léon Provancher

Le Léon Provancher a un tonnage brut de 3,42 tonneaux, mesure 9,82 m hors-tout, est large de 3,12 m et à un creux de 1,25 m. Il pèse près de 4 000 kg. Il est construit tout en aluminium et a un tirant d’eau de 30 cm pouvant accueillir 12 passagers et deux membres d’équipage, selon les restrictions de Transports Canada. Les moteurs hors-bord 2006 — de marque Evinrude de 150 forces chacun — ont été achetés chez Pomerleau Les Bateaux et installés par leurs mécaniciens. Le Léon Provancher a donc l’espace voulu pour y embarquer clients et bagages. Il a été conçu pour autant y monter à bord que d’en sortir par les deux côtés. Le siège central peut recevoir 8 personnes assises. De plus, il peut s’enlever afin de pouvoir y transporter des matériaux de gros volumes tels que les poêles à bois que l’on retrouve dans les chalets de l’île.

La mise à l’eau

Le vendredi 20 avril 2007, à 17 h 30, le Léon Provancher fut lancé à l’eau pour la première fois au quai de Trois-Pistoles. Il entreprenait ainsi sa première saison de transports vers l’île aux Basques. Pour cette occasion, mon fils Jean-Philippe et sept autres personnes m’ont accompagné pour une randonnée jusqu’à l’île sans toutefois y débarquer. Ce fut un moment magique! Ce bateau était d’une stabilité et d’une aisance à sortir le nez de l’eau avant de prendre sa vitesse de croisière. Et que dire de la puissance des deux moteurs! Transports Canada a émis le certificat d’immatriculation du Léon Provancher le 26 avril 2007.

C’est en juin 2007 que la Société Provancher a procédé au lancement officiel du Léon Provancher à la marina de Trois-Pistoles. Après y avoir dévoilé le nom du bateau, une bouteille de champagne a été fracassée sur le devant de sa coque, comme le veut la coutume. J’ai même gardé quelques fragments de cette bouteille!

Et les années passent!

À l’automne 2014, M. Éric Yves Harvey, au nom de la Société Provancher, a conclu l’achat de deux nouveaux moteurs hors-bord Evinrude de 150 forces chacun et de nouveaux systèmes de contrôles chez Pomerleau Les Bateaux. Ils ont été installés dans la semaine du 11 novembre 2014. La mise à l’eau au printemps 2015 était très attendue… Et elle ne fut pas décevante.

J’en suis rendu maintenant à la fin de cette chronique. Toutes ces années vécues comme gardien de l’île m’ont procuré énormément de joie. Au cours des 28 années au service de la Société Provancher, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de monde. Je suis bien heureux de leur avoir fait découvrir ce beau « coin de pays » qu’est l’île aux Basques. J’en garde aussi plein de souvenirs et d’anecdotes. Et l’année 2019 sera ma 29e année en tant que gardien de l’île aux Basques!

Voilà, en gros, ce que ma mémoire et certains écrits ont retenu de ces événements qui font partie de ma vie.

Capitaine Jean-Pierre Rioux, gardien actuel de l’île aux Basques

Photo à la une: Daniel Banville

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