Un espoir dans la lutte contre la renouée du Japon?

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Une plante particulièrement envahissante

Des colonies denses de renouée du Japon (Fallopia japonica), remarquables par ses longues tiges vertes zigzagantes tachetées de rouge ressemblant au bambou, marquent de plus en plus le paysage québécois. L’Union internationale pour la conservation de la nature la considère comme une des 100 espèces envahissantes les plus nuisibles du monde et elle représente dorénavant une réelle menace pour les écosystèmes riverains du Québec.

Des travaux de contrôle de la renouée du Japon à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher

Le 10 septembre 2020, la Société Provancher a entamé une série de corvées d’extraction mécanique à la fourche pour contrer l’intrusion d’une petite colonie à la frontière sud-ouest de la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher. Suivant les conseils de la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier, la Société répétera la corvée deux fois par année afin de contrôler les repousses et d’épuiser les rhizomes. Du fait de l’expansion de cette plante exotique envahissante, la lutte pour son contrôle est maintenant commune dans la province de Québec, avec toutefois des résultats plus ou moins probants selon les cas.

Son contrôle et des usages potentiels

À ce jour au Québec, les méthodes de lutte utilisées sont principalement le contrôle mécanique par excavation ou bâchage, ou encore chimique. Ailleurs, des modes de contrôle alternatifs basés sur l’utilisation de la plante sont envisagés ou en développement. Ainsi, il y a un intérêt grandissant du monde médical pour l’usage de la renouée du Japon dans le traitement de la maladie de Lyme et des maladies cardiovasculaires.

Contrôle de la renouée du Japon
Première corvée de contrôle de la renouée du Japon à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, le 10 septembre 2020. Photo : Pascale Forget.
Renouée du Japon en automne
Colonie de renouée du Japon, observée en automne. Photo : Sami Jai Wagner-Beaulieu.
Phytopathologie de la renouée du Japon
Feuille de renouée du Japon infectée par une phytopathologie non répertoriée. La plante a été observée au domaine des Maizerets, ville de Québec. Photo : Sami Jai Wagner-Beaulieu.

De plus, la comestibilité de ses jeunes pousses pour les humains et ses capacités régénératrices pourrait rendre cette plante intéressante comme fourrage pour des animaux d’élevage. Ses tiges et ses rhizomes semblent prometteurs pour la production de biocarburant et la production de bois composites. Finalement, sa capacité accrue à bioaccumuler les métaux lourds pourrait se révéler d’intérêt pour la réhabilitation des sols contaminés. Les multiples qualités de cette renouée, souvent oubliées, pourraient faciliter son contrôle et contribuer à solutionner plusieurs problèmes actuels.

Un contrôle biologique est-il possible?

Pour contrer la renouée du Japon, une autre option pourrait éventuellement s’offrir à nous. Durant l’été 2020 au domaine de Maizerets (ville de Québec), plusieurs individus affectés par une phytopathologie non répertoriée sur le territoire nord-américain ont été découverts. Les individus observés présentaient des tâches foliaires induites par une espèce de mycète non identifiée. La létalité de la maladie est inconnue, mais elle semble induire un jaunissement sur certaines feuilles. Des feuilles infectées séchées ont été envoyées à une équipe de recherche sur les phytopathologies et les techniques de contrôle biologique de la renouée du Japon au Royaume-Uni. Une étude plus approfondie pourrait offrir une nouvelle piste de solution écologique et économique à la lutte contre la renouée du Japon.

Sami Jai Wagner-Beaulieu

Photo à la une : Sami Jai Wagner-Beaulieu

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