La lutte au roseau commun à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, saison 2020

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Rappel sur le contrôle du roseau commun exotique

Au cours des dernières années, la Société Provancher a entrepris un vaste programme de contrôle du roseau commun exotique à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher (RNMLP). Échelonnés sur cinq années (2013 à 2018), ces travaux ont permis le contrôle de cette espèce exotique envahissante grâce à des techniques efficaces. Mais, la tâche n’est pas encore terminée. Ainsi, à l’été 2020, une équipe a été dépêchée à la réserve afin de poursuivre le plan d’intervention et de contrôle des colonies de roseaux communs (Phragmites australis). La lutte au roseau commun exotique se poursuit donc!

Quelques notions sur le roseau commun

À titre de rappel, cette plante exotique envahissante, originaire de l’Asie et de l’Europe, détient des avantages considérables par rapport à ses voisins indigènes. En effet, sa croissance est très rapide, jusqu’à 4 cm par jour pour atteindre 3 à 5 mètres de hauteur. Sa croissance se termine aussi plus tard à l’automne par rapport à ses rivales. Son réseau de rhizomes constitué de tiges souterraines permet une expansion périphérique des colonies d’environ deux mètres par année. De plus, son inflorescence en plumeau, produisant des semences, permet la dissémination par le vent. Voilà bien des atouts de taille pour un environnement peu résistant à la présence du roseau!

Les travaux de l’été 2020

À l’été 2020, notre équipe avait comme mandat de poursuivre le plan d’intervention en cours, comme le suivi des plantations d’espèces indigènes compétitrices. En effet, les essences de milieux humides plantés ou non les étés précédents, tels que le saule, le mélèze et l’aulne, permettent de réhabiliter le milieu en augmentant la compétition pour la lumière et les ressources.

Pour ces plantations, nous avons remarqué un franc succès, grâce au contrôle sans relâche des colonies de roseaux communs. Pour le secteur nord du marais Provancher, il sera très important de maintenir les efforts de contrôle du roseau, car la végétation compétitrice n’a pas encore atteint les deux mètres de hauteur qui lui permettront de dominer les tiges de roseau commun qui pourrait ressurgir. Aussi, les plantations de mélèzes au sud du marais ont pour la plupart continué leur croissance. Malheureusement, ces plantations sont affectées par un important broutement par le cerf de Virginie, un habitué du coin.

Dans le cadre de la lutte au roseau commun exotique à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, deux bénévoles (Frédérick Létourneau et Jacynthe Quinn) sont occupés à faire l'arrachage des rhizomes de cette plante envahissante à l'été 2020..
Arrachage des rhizomes de roseau commun dans une colonie de quenouilles. Photo : Pascale Forget.
Dans le cadre de la lutte au roseau commun exotique à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, un bénévole (Frédérick Létourneau) procède à la mesure de la croissance des saules dans une plantation mise en place pour le contrôle du roseau commun.
Mesure de la croissance des plantations de saule, été 2020. Photo : Pascale Forget.
À l'été 2020, la lutte au roseau commun exotique à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher s'est poursuivie. Nos deux bénévoles, Daniel Beaumier et Daniel Lévy, sont à l'oeuvre ici dans une colonie "bâchée".
Contrôle du roseau commun dans une colonie bâchée quelques années auparavant. Photo : Pascale Forget.
Dans le cadre de la lutte au roseau commun exotique à la réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, Frédérick Létourneau prend des mesures de la hauteur de la végétation.
Un membre de l'équipe en action. Photo : Pascale Forget.

Pour ce qui est des interventions de fauchage et d’arrachage de rhizomes, le plus grand succès de cette année concerne les colonies où des bâches ont été installées les saisons précédentes. Grâce aux efforts continus, la reprise du roseau est lente et les colonies sont clairement très affaiblies. Il faudra toutefois maintenir nos efforts sur de nombreuses années pour ne pas perdre ces précieux acquis. Des coupes de roseaux ont aussi été réalisées dans le secteur nord, afin d’éviter une propagation des colonies vers le marais directement, ce qui provoquerait la destruction d’habitats d’importance pour la faune aviaire telle que le petit blongios, un magnifique petit échassier très furtif nichant sur le territoire de la réserve. Cet oiseau est désigné menacé au Canada.

Financement des travaux de contrôle

Ces travaux ont pu être réalisés grâce aux contributions financières de la Fondation de la faune du Québec et d’Environnement et Changement climatique Canada, et à la précieuse implication de nombreux bénévoles de la Société Provancher. Un grand merci à tous!

En conclusion

Enfin, cette saison d’intervention et de lutte au roseau commun est une réussite, car les objectifs ont été atteints. La pandémie de Covid-19 limitant le personnel pouvant être déployé sur son territoire, la situation était inquiétante au début. Toutefois, la Société Provancher a développé un protocole sanitaire d’intervention pour les employés permettant de maintenir les efforts de lutte au roseau commun. Pour le reste, il faut regarder de l’avant, puisqu’une autre saison de contrôle devrait avoir lieu l’été prochain. Les données recueillies cette année seront cruciales pour les interventions à venir!

Frédérick Létourneau, stagiaire à la Société Provancher, ornithologue et photographe, et Pascale Forget, coordonnatrice.

Photo à la une : Réhaume Courtois

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Quai de l'Île aux Basques. (Photo: yvanbedardphotonature.com)