La vergerette de Provancher, une plante à connaître et à protéger

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La vergerette de Provancher, une plante à connaître et à protéger

Le 2 février 2018, la Société Provancher a participé à une rencontre sur le thème de la vergerette de Provancher (Erigeron philadelphicus var. provancheri). Cette rencontre s’est tenue au bureau régional de la région de la Capitale-Nationale du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) du Québec.

La vergerette de Provancher est une plante de la famille des Astéracées (famille de la marguerite) dont la répartition se limite au Québec, à l’Ontario et au nord des États du Vermont et de New York. En 2005, elle a été désignée comme étant menacée en vertu de la loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec. Au Canada, elle a reçu le statut d’espèce préoccupante, en vertu de la loi sur les espèces en péril (LEP). Elle fait actuellement l’objet de travaux menés par le Bureau d’écologie appliquée (BEA), dans le cadre du volet sur la prévention du programme d’intendance de l’habitat (PIH) pour les espèces en péril, administré par le ministère de l’Environnement et du Changement climatique du Canada.

La rencontre avait pour but d’informer et de concerter les organismes (municipalités, MRC, gestionnaires de territoire, etc.) concernés par la présence de la vergerette de Provancher sur leur territoire. Comme cette plante est présente à la Réserve naturelle du Marais-Léon-Provancher, c’est avec fierté que la Société Provancher s’en  intéresse.

Les travaux du BEA — représenté ici par Mme Audrey Lachance, technicienne de la faune et botaniste — doivent conduire à la production d’une stratégie de conservation de la vergerette de Provancher pour l’ensemble de sa répartition au Québec.

La mise à jour des connaissances sur les occurrences de la plante et la documentation des menaces potentielles à sa survie font partie du projet. Actuellement, seize occurrences de la vergerette de Provancher ont été documentées au Québec. On les retrouve dans les régions de l’Estrie, du Centre-du-Québec, de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Parmi ces occurrences, huit sont considérées comme viables (les plus grandes populations).

Vergerette de Provancher. Photo: Audrey Lachance
Vergerette de Provancher. Photo: Audrey Lachance
Flore. Vergerette de Provancher, dont les feuilles forment une rosette. Photo : Audrey Lachance.
Vergerette de Provancher. Photo : Audrey Lachance
Une plante rare et menacée.

Mais à quoi ressemble cette plante? Petite et vivace, la vergerette de Provancher se caractérise par des feuilles basilaires glabres ou presque, réunies en rosettes au centre desquelles se développe une tige simple à multiple, pouvant atteindre 10 à 20 cm de hauteur. Ses feuilles sont lancéolées et ses fleurs sont blanchâtres, parfois roses. On la retrouve sur les rives calcaires des cours d’eau ainsi que dans la partie supérieure de la zone intertidale d’eau douce du fleuve Saint-Laurent.

Les principales menaces à la survie de la vergerette de Provancher sont le piétinement, la circulation de véhicules hors route et l’installation d’infrastructures. Parfois, ce sont  les baigneurs qui menacent la plante présente près de chutes et de cascades.

Lors de cette rencontre, il a été rassurant d’apprendre que plusieurs actions de conservation sont en cours de réalisation pour cette plante. Toutefois, les efforts en ce sens doivent se poursuivre. Il demeure important de consigner les menaces et les actions visées dans la base de données des habitats d’espèces floristiques menacées ou vulnérables. Cette base de données est gérée par le MDDELCC et élaborée conjointement avec le ministère de l’Environnement et du Changement climatique du Canada. Mme Line Couillard, de la Direction du patrimoine écologique et des parcs du MDDELCC, a présenté aux participants les avantages d’utiliser cette base de données. De plus, son utilisation jumelée à celle du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) permet aussi diverses requêtes d’informations et la production de cartes.

Par ailleurs, Mme Couillard a indiqué que le MDDELCC était disposé à établir des partenariats avec des groupes et des propriétaires voulant faire connaître les occurrences de la vergerette de Provancher sur leur territoire. L’aide à l’installation de panneaux de vulgarisation serait possible sur demande.

Un tour de table des participants a confirmé l’intérêt de plusieurs à intervenir activement sur leur territoire. Concrètement, la Société Provancher, retient plusieurs actions potentielles impliquant ses bénévoles.

La contribution à l’inventaire de la plante sur le terrain, l’identification des menaces potentielles, la sensibilisation du public lors d’activités éducatives et la diffusion de connaissances sur le sujet dans ses publications traduiront la volonté de conservation de la Société Provancher. Dès l’été 2018, une activité est prévue conjointement avec l’organisme FloraQuebeca pour offrir une visite de terrain visant à faire connaître, entre autres, la vergerette de Provancher.

Le rapport du BEA sur la stratégie de conservation de la vergerette de Provancher sera disponible à la fin-mars 2018. La Société Provancher le fera connaître, mais d’ici là, les personnes qui voudront en savoir davantage sur le projet peuvent visiter :

http://www.coop-ecologie.com/portfolio/strategie-de-conservation-de-la-vergerette-de-provancher/

Élisabeth Bossert, vice-présidente

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