Diminuer l’impact de l’Humanité sur la Terre : par où commencer?

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Un changement de paradigme

Jusqu’à il y a quelques décennies, la philosophie environnementale dominante estimait que les Humains, en tant qu’êtres supérieurs, devaient dominer les ressources de la Terre qui elles, étaient à leur service. Aujourd’hui, de plus en plus d’entre nous se voient comme l’un des maillons d’un ensemble complexe d’organismes vivants, plantes et animaux, interagissant pour l’obtention optimale des ressources offertes par la Terre.

Nous comprenons que nous avons un impact majeur sur les ressources produites par la Terre, d’où un intérêt de plus en plus marqué pour des mesures d’économie comme divers programmes de recyclage et de compostage. Ces pratiques sont certainement bénéfiques, mais probablement insuffisantes pour contrer notre impact sur la Terre. De nombreux scientifiques vont même jusqu’à prétendre que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de l’évolution terrestre – l’anthropocène –, où l’impact de l’Homme conditionne l’évolution de la Terre. Nous commençons à comprendre ce que cela signifie quand nous voyons de nos propres yeux les effets des changements climatiques. On nous parle aussi de perte de biodiversité, d’acidification des océans, de déforestation, de perte de milieux humides, etc.

Une vision globale de l’impact des Humains

Qu’en est-il exactement? Peut-on avoir une vision globale de note impact sur la Terre? De nombreux scientifiques se sont penchés sur cette problématique complexe au cours des quelque 50 dernières années. Une première approche heuristique nous a été suggérée, en 2009 par Johan Rockström et son équipe de 28 scientifiques de renommée internationale. Ceux-ci ont identifié neuf cycles biogéochimiques qui doivent être maintenus pour garantir la pérennité de la Terre. Ils ont aussi proposé des seuils d’utilisation à ne pas dépasser pour assurer le développement durable des ressources par les Humains. Au-delà de ces seuils, les systèmes biogéochimiques de la Terre risquent de s’emballer et de mener à des changements abrupts et irréversibles qui pourraient conduire à une Terre moins habitable.

Les limites planétaires

Rockström et ses collaborateurs ont présenté un tableau récapitulatif de leurs principales conclusions, ce que le groupe appelle l’espace opérationnel sûr pour l’humanité. Le schéma ci-contre montre que les limites planétaires sont largement dépassées pour trois des neuf limites, la perte de biodiversité, le cycle de l’azote et le changement climatique. Nous approchons aussi des limites en ce qui a trait au cycle du phosphore et à l’acidification des océans.

Des ententes internationales en réaction à des problématiques globales

Le deuxième schéma ci-contre montre la complexité et de la globalité des enjeux internationaux. La protection de la Terre ne peut se faire sans tenir compte des besoins fondamentaux de l’Humanité, actuelle et future.

Nous en comprenons que notre implication est requise, mais non suffisante pour s’assurer que l’Humanité ne dépasse pas l’espace opérationnel sûr. Des ententes internationales sont requises mais ne peuvent survenir sans tenir compte de l’impact et des capacités d’intervention des divers pays.

De telles ententes sont-elles possibles? Rappelons simplement les effets positifs du Protocole de Montréal qui vise à restaurer la couche d’ozone qui nous protège contre le rayonnement ultraviolet. En 1980, l’épaisseur moyenne de la couche d’ozone avait diminué de 5 % par rapport à sa valeur moyenne de 1960 à 1980. La ratification du Protocole de Montréal et ses divers amendements ont permis d’encadrer l’élimination graduelle à l’échelle mondiale des substances appauvrissant la couche d’ozone. Le succès de cette entente est indéniable. La diminution moyenne n’était plus que de 3,5 % entre 2006 et 2009 et un retour à la situation de 1980 est prévu d’ici 2035.

Encourager nos gouvernements à signer des protocoles internationaux et, surtout, à les mettre en œuvre, est un aspect essentiel de notre implication individuelle.

Pour en apprendre davantage

Pour comprendre les processus impliqués et les impacts du dépassement des limites fonctionnelles précitées, on peut consulter le volume de Anctil, F. et L. Diaz. Développement durable : enjeux et trajectoires. Presse de l’Université Laval. 2016. 163 pp.

Réhaume Courtois, bénévole de la Société Provancher

Image à la une : Jour de la Terre 2019

L’espace opérationnel sûr pour l'humanité
Limites planétaires selon le rapport de Rockström et al. publié dans Nature en 2009. Les zones en rouge représentent l'état actuel estimé et le cercle vert définit les limites acceptables estimées. Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Planetary_boundaries.
Concilier les besoins humains et la protection de l'environnement
Comment concilier amélioration des conditions de vie et respect de la biosphère. On propose deux frontières à ne pas franchir pour conserver les conditions d’un « bien vivre » : une frontière « intérieure » (plancher) qui représente les besoins humains de base définis comme « plancher social », et une frontière « extérieure » (« plafond environnemental ») qui symbolise la préservation de l’environnement. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Limites_plan%C3%A9taires.
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