L’importance historique et stratégique de l’île aux Basques

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Parmi les monographies produites concernant l’occupation amérindienne et basques à l’île aux Basques, la plus complète est certainement celle de M. Laurier Turgeon, publiées dans le livre L’Île aux Basques (p. 141-176). L’auteur traite en détail de trois périodes : la préhistoire, la protohistoire et l’histoire dont voici quelques extraits.

L’île aux Basques : lieu de préhistoire

Les fouilles archéologiques menées entre 1990 et 1993 ont montré que des groupes amérindiens fréquentaient régulièrement l’île aux Basques, particulièrement entre 1000 et 1500 ans avant notre ère. De petits groupes de chasseurs-cueilleurs établissaient leurs campements sur la rive sud de l’île, abritée des vents dominants du nord-ouest, bien exposée au soleil et munies de plusieurs sources d’eau potable (anse d’en Bas, anse à la Baleine, anse à Canots, anse du banc de Sable). Ces groupes, provenant vraisemblablement de la région du Lac Témiscouata, campaient sur l’île quelques jours à la fois, au printemps et à l’été, pour pratiquer la chasse (phoque commun principalement), la pêche (mollusques) et la cueillette. L’île servait aussi de lieu d’escale et d’échange entre nations autochtones (Irquoiens, Algonqiens [Micmacs, Malécites]).

L’île aux Basques : lieu de la protohistoire

Entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle, l’île aux Basques est vite devenue la terre d’accueil des premiers établissements européens. Les Basques ont occupé l’île de façon saisonnière de 1584 à 1637 environ. Tout comme les amérindiens, ils se sont installés sur le flanc sud de l’île et y ont érigé quatre fours en trois sites pour faire fondre la graisse des baleines qu’ils chassaient dans la région. Les Basques pratiquaient aussi la traite des fourrures avec les autochtones venus chasser le phoque commun. Située au carrefour de réseaux d’échanges étendus, l’île aux Basques favorisait la circulation des objets sur le Saint-Laurent jusqu’aux Grands-Lacs vers l’ouest, sur le Saguenay vers le nord et sur les rivières Trois-Pistoles et Saint-Jean vers le sud.

L’île aux Basques : lieu de l’histoire

Après le départ des Basques, les amérindiens continuent de fréquenter l’île aux Basques parfois accompagnés d’Européens. Ainsi, le jésuite Henri Nouvel accompagne un groupe d’Innus et de Papinachois qui y campent pendant une quinzaine de jours au mois de mars 1664. Il s’agissait pour Nouvel d’une mission volante qui obligeait le missionnaire à suivre les groupes nomades dans leurs déplacements et à adopter nécessairement le mode de vie de ces chasseurs-cueilleurs. À partir du XXVIIe siècle, la présence amérindienne disparaît de l’île, ceux-ci étant probablement décimés par les épidémies et les guerres. Le 6 janvier 1687, l’île aux Basques et les terres bordant le fleuve sur « deux lieues de front » fut érigée en seigneurie et fief, concédée à Charles Denys de Vitré. Ceci l’ouvrit à une nouvelle aire — la colonisation française — pour la pêche (1697), l’exploitation forestière (1858), l’agriculture (1872), la chasse à la sauvagine (fin 1800) et la protection du patrimoine naturel (1929).

Extraits du texte de Laurier Turgeon. L’île aux Basques : microcosme de notre histoire, pages 141-176 dans L’Île aux Basques. Société Provancher d’histoire naturelle du Canada. 1997.

On peut se procurer ce livre en s’adressant à info@provancher.org

Photo à la une: Réhaume Courtois

L'Île aux Basques. Société Provancher d'histoire naturelle.
Turgeon, L. (1997). p. 156.
L'Île aux Basques. Société Provancher d'histoire naturelle.
Scène des Basques sur l'île imaginée par un artiste de Trois-Pistoles, Léopold d'Amours, en 1938. (Turgeon, L., 1997,p. 174)
Volume: L'Île aux Basques. Société Provancher d'histoire naturelle. 263 p.
L'Île aux Basques. 1997. Société Provancher d'histoire naturelle du Canada. 263 p.
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Rochers de l'île aux Basques. Photo: Yvan Bédard.La Maison Léon-Provancher. Sorce: Internet.