Rapport de baguage des oiseaux à l’île aux Basques, saison 2017

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Cet article fait état du résultat des activités de baguage des oiseaux à l’île aux Basques, au printemps 2017. Ces données ont été compilées par MM. Pierre Laporte et Géry van der Kelen, deux ornithologues, membres et bénévoles de la Société Provancher.


Rapport de baguage des oiseaux à l’île aux Basques, saison 2017

Voici un résumé de la saison de baguage des oiseaux forestiers à la Réserve naturelle et historique de l’Île-aux-Basques au printemps 2017. En raison de problèmes de réservation du chalet Provancher, l’opération s’est déroulée cette année un peu plus tard que les années précédentes, soit du 4 au 9 juin.

À partir du 7 juin, les oiseaux reproducteurs à l’île aux Basques, tels que le bruant fauve et la grive à dos olive, avaient déjà établi leur territoire et étaient en pleine incubation. En conséquence, leurs déplacements et leur probabilité de capture étaient réduits.

Oiseaux. Bruant fauve. Photo: Pierre Laporte.
Bruant fauve. Photo: Pierre Laporte.
Mésange à tête noire. Photo: Pierre Laporte.
Mésange à tête noire. Photo: Pierre Laporte.

Résultats du baguage

En résumé, 35 oiseaux ont été bagués et 11 recaptures ont été effectuées dont 4 retours d’oiseaux bagués les années précédentes pour un total de 50 captures. Dix espèces d’oiseaux ont fait l’objet de captures.

Cette année, le taux de capture d’oiseaux a été particulièrement faible. L’effort de baguage est mesuré en calculant le temps d’opération des filets entre la première et la dernière capture de chaque journée; on peut ainsi mesurer le taux de capture par heure. En 2015 et 2016, le nombre d’oiseaux capturés par heure d’opération était respectivement de 0,82 et 0,91. Or, en 2017, ce taux a chuté à 0,67, un minimum jamais atteint depuis le début de ce projet en 1983. Cela correspond à une chute de près de 50 % sur la moyenne des 30 dernières années, soit 1,24.

Les cinq retours effectués cette année concernent tous la grive à dos olive. Trois impliquent des oiseaux bagués l’an dernier. Le quatrième était celui d’un individu bagué en 2012, recapturé en 2013 et 2014, absent des captures en 2015 et 2016, mais repris en 2017. Contrairement à un individu recapturé consécutivement année après année, ce type de séquence de recapture par cet individu est très important pour améliorer la précision des paramètres, car il permet de faire des estimations du taux de survie et du taux de capture. Au printemps 2012, lorsque cet oiseau fut bagué, les caractéristiques de son plumage révélaient celles d’un individu adulte d’au moins un an. C’est donc dire que cet oiseau avait au moins 7 ans, ce qui est assez impressionnant pour un tel passereau.

L’analyse des données de baguages de la grive à dos olive depuis le début de ce projet nous permet de calculer un taux de survie de 46,6 % chez cette espèce avec une marge d’erreur de 8,5 %. On peut également estimer une probabilité de capture de cette espèce de 22 %, ce qui signifie qu’on a une chance sur 5 de capturer un individu présent dans l’aire d’étude.

Voici une liste des cinq espèces les plus représentatives à l’île aux Basques avec le nombre d’individus bagués depuis 1983.

  • Grive à dos olive : 410
  • Bruant à gorge blanche : 180
  • Bruant fauve : 77
  • Merle d’Amérique : 77
  • Paruline des ruisseaux : 106
Tableau des oiseaux bagués à l’île aux Basques en 2017.


Espèce


Bagués


Répétitions¹


Repris²


Bruant à gorge blanche 2
Bruant fauve 4
Grive à dos olive 14 6 4
Merle d’Amérique 2
Paruline à croupion jaune 4 1
Paruline à poitrine baie 1
Paruline à tête cendrée 1 1
Paruline des ruisseaux 1
Paruline flamboyante 4 2
Paruline à gorge noire 2
Total: 35 11 4

1: Nombre d’oiseaux bagués en 2017 et recapturés en 2017
2: Nombre d’oiseaux bagués avant 2017 et repris en 2017


 

La mésange à tête noire…un cas problématique!

Pourtant considérée comme une espèce commune, la mésange à tête noire n’a pas été capturée, ni observée, ni même entendue durant le séjour de baguage de 2017. Cette situation avait également été observée en 2016. C’est d’autant plus intrigant que d’autres ornithologues ayant séjourné à l’île aux Basques nous ont rapporté une situation similaire. Cette espèce est capturée relativement souvent (1 année sur 3 depuis 35 ans), mais a toujours été observée lors des sessions de baguage avant 2016. Cette disparition est très intrigante et mériterait une surveillance particulière afin de comprendre cette situation. Également, on rapporte une diminution du nombre d’observations de la mésange à tête noire dans la région du Bas-St-Laurent (Jacques Larivée, comm. Pers.). Certaines analyses des changements climatiques dans le sud du continent semblent indiquer que les populations de mésanges à tête noire se déplaceraient vers le nord. Est-ce ce phénomène que l’on observe à l’île aux Basques et dans les environs? Si tel était le cas, on aurait dû plutôt s’attendre à une augmentation de la fréquence des observations. L’étude des changements au niveau du couvert forestier de l’île pourrait apporter un éclairement à ce problème. La situation de la mésange à tête noire est donc à surveiller.

Pierre Laporte et Géry van der Kelen, membres et bénévoles de la Société Provancher.

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